Les prévisions de trésorerie : indicateurs clés du pilotage

La plupart des entreprises reconnaît aujourd’hui l’importance des prévisions de trésorerie et affirment en réaliser – ne serait-ce que pour connaître le “cash” disponible à un horizon donné, et si celui couvrira le besoin en financement ou en placement. Mais qu’en est-il de la fiabilité, de la précision et du partage de ces prévisions ? De leur récurrence et de leur impact sur la stratégie de l’entreprise ?

Mettre en place une politique de prévisions de trésorerie s’avère dans les faits un travail collectif, nécessitant le support d’un logiciel adapté aux besoins de l’entreprise, bien évidemment divers selon que l’on a affaire à une Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI) nationale ou un groupe ayant des filiales ou bureaux dans plusieurs pays.

Dans tous les cas, il s’agit de répondre à des questions basiques, au cœur de la stratégie financière de l’entreprise : où va-t-elle, en consommant quelles liquidités, pour quels types de besoins ou d’investissements, avec quels pics et quelles période creuses, etc.

Un apport jugé incontournable

Une étude réalisé en octobre 2015 par le cabinet conseil Mazars (1), spécialisé dans les services comptables, fiscaux et juridiques, le confirme : les prévisions de trésorerie sont devenues une priorité pour les entreprises. 75 % les considèrent comme un enjeu croissant, 50 % souhaitent les accroître en mettant en place des SI dédiés : système de prévision et de gestion de trésorerie (ou Treasury Management System, TMS), progiciel de gestion intégrée (ou Enterprise Resource Planning, ERP), échange de données informatisé (ou Electronic Data Interchange, EDI).

L’importance acquise par les liquidités disponibles suite à la crise de 2008 – et la difficulté à se financer qui en découle – est sans doute à l’origine de cette préoccupation. Les bénéfices d’une visibilité accrue des positions de trésorerie se sont depuis affirmés. On pourrait citer par exemple la limitation des recours à l’emprunt, la capacité à optimiser ses placements ou la maîtrise du risque de change.

Plus simplement, ce type de prévisions aide à propager une culture du cash à l’ensemble des filiales ou des départements de l’entreprise : comptabilité, direction de la trésorerie, mais aussi services achats et ventes, ou encore DRH.

Un travail transversal, à court et long terme

Toujours selon l’enquête Mazars, 50 % des prévisions sont désormais le fruit d’une collaboration étroite entre le DAF ou le trésorier et le contrôle de gestion, le service consolidation voire, dans certaines entreprises, la salle des marchés.

Ce chiffre confirme que la gestion de la trésorerie devient progressivement un chantier participatif et transversal. Dans les PME et ETI, où les acteurs susceptibles de s’y impliquer sont par essence moins nombreux, le DAF pourra s’appuyer sur le comité de direction afin de trouver les informations clés sur le futur de l’entreprise.

Il apparaît également que les prévisions sont régulières, à la fois de court et long terme, effort louable sans lequel un pilotage efficace ne pourrait être effectué. Les prévisions “one shot” ayant montré leur utilité et, surtout, leur crédibilité limitée…

42 % des prévisions à long terme se projettent sur 1 an, 25 % sur 3 ans, une approche logique cadrant avec l’élaboration de budgets annuels et plans pluriannuels. 25 % des prévisions à court terme sont de 1 mois, 25 % de 3 mois. 22 % des entreprises n’ éditent par contre aucune prévision hebdomadaire. Les mises à jour sont en général quotidiennes, ce qui fournit aux entreprise une vision précise de leur encaissements et décaissements.

Clé du succès, une solution logicielle adaptée

Sans surprise, 75 % des entreprises interrogées par Mazars utilisent un logiciel de prévisions de trésorerie type Treasury Management System (TMS). Une méthodologie ad hoc permet d’effectuer le “bon” choix : identification des éditeurs de logiciel, sélection d’une solution correspondant aux besoins identifiés, négociation du contrat avec sessions de questions-réponses permettant un paramétrage fin.

Dans leur majorité, les groupes ou les entreprises multi-sites mettent en place un système commun de remontée des prévisions locales, avec des nomenclatures et des plans de trésorerie identiques. Le but est bien sûr de fiabiliser et faciliter l’édition des prévisions générales.

Excel reste souvent le support privilégié de ces transmissions, complété par les échanges oraux opérés lors de réunions ou “comités de trésorerie”. Les données collectées sont dans 1/3 des cas pondérées en fonction de l’importance de la filiale au groupe. Pour en contrôler la véracité, 75 % des entreprises confrontent leurs prévisions aux encaissements et décaissements réels.

Des résultats mesurés

Les derniers enseignements de l’étude du cabinet Mazars portent sur l’impact des prévisions de trésorerie sur les finances des entreprises. 50 % des entreprises interrogées déclarent dégager grâce aux prévisions un bonus de trésorerie ou l’améliorer, avec à la clé une capacité accrue de faire face à des besoins de trésorerie urgents. 67 % déduisent également de leurs prévisions un plan d’amélioration du BFR.

Ces deux chiffres traduisent, peu ou prou, l’instauration d’une culture du “cash” dans les entreprises concernées. S’ajoute à cela un autre bénéfice. Les prévisions de trésorerie sont l’un des premiers – si ce n’est le premier… – indicateurs analysés par les banquiers et les analystes financiers. Elles représentent donc un outil de communication et de négociation important pour l’entreprise.

Pour parvenir à ces bons résultats, il importe de lever les obstacles qui, de façon traditionnelle, freinent la remontée des données et diffusion des prévisions. Citons-en deux. Au sein des entreprises naturellement dotées d’un bon flux de trésorerie (ou cash-flow), les équipes ont tendance à sous-estimer leur intérêt ou à ne pas les pratiquer avec régularité. Il faudra leur imposer le réflexe prévisions.

Dans le cas des groupes et des entreprises multi-sites, ce sont généralement les collaborateurs chargés du contrôle de gestion au sein des filiales et des bureaux qui se chargent de ce travail. Un effort de formation est nécessaire pour qu’ils utilisent les mêmes outils et pratiques que le DAF ou le trésorier.

Les prévisions de trésorerie représentent désormais un enjeu majeur pour les entreprises. Elles sont cruciales pour identifier le volume et l’utilisation possibles des liquidités disponibles à un horizon défini. De fait, ces prévisions sont indispensables pour déterminer la stratégie financière de l’entreprise.

 

(1) https://www.mazars.fr/Accueil/News/Publications/Enquetes-et-Etudes/Etude-2016-les-previsions-de-tresorerie

Pour en savoir plus : www.sage.fr

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