Le design thinking : un outil pour votre entreprise ?

Dans une société en mutation, on ne peut plus se contenter de caler son modèle économique sur l’existant. Il est essentiel d’aller au-devant des besoins émergents et pour cela, il ne suffit pas de faire du benchmark et des études de marché. C’est précisément pour répondre à cette nécessité qu’est né le design thinking. Qu’est-ce qui se cache derrière cet anglicisme intimidant ?

Le design thinking est né aux Etats-Unis dans les années 50 (avec Alex Osborn) et a explosé dans les années 2000 autour du management de l’innovation. Le design thinking est issu de la méthodologie utilisée dans le design. Ingénieurs, techniciens, experts en marketing et créatifs hybrident leurs savoirs pour arriver au plus près des besoins encore inavoués du consommateur. Pragmatique, cette approche vise à mêler désirabilité, faisabilité et viabilité (disons plutôt rentabilité).

Le design thinking implique une observation et une analyse profondes de l’environnement, de la société et surtout de l’être humain qui est placé au centre de la démarche d’innovation.

Une méthode pour réussir

Un élément clé venu tout droit du design, c’est le décloisonnement. Pour concevoir un produit à la fois esthétique, pratique et économiquement viable, il faut opérer la synthèse entre ce qui est désiré par l’usager (ou qui est encore au stade de l’informulé), ce qui est techniquement possible et économiquement rentable. Pour atteindre ce triangle parfait, il faut respecter quelques étapes.

  • Identifier et bien formuler la problématique
  • Trouver la réponse conceptuelle à cette problématique
  • Mettre en scène ce concept dans un objet ou un service
  • Prototyper et tester (produits ou services)

La Wii, un exemple de design thinking

Un exemple célèbre de produit innovant développé grâce au design thinking, c’est la Wii, créée en 2006. Quel est le constat de Nintendo ? Il existe une technologie permettant de développer un grand nombre de jeux vidéo, toujours plus sophistiqués, mais qui ont tendance à isoler les joueurs (une problématique contemporaine) et à favoriser une certaine sédentarité (de plus en plus mal perçue en termes de santé). Le grand défi est alors d’imaginer une clientèle différente pour exploiter cette technologie (sans ses effets collatéraux). Et en allant plus loin, il s’agit d’imaginer une expérience d’un nouveau type.

C’est ainsi qu’en appliquant la méthode du design thinking, Nintendo conçoit la Wii, hybridant les qualités technologiques existantes tout en ajoutant des éléments de convivialité encore inédits.

Question clé : la création de la Wii a-t-elle coûté plus cher que la création d’un jeu vidéo ? Non et c’est justement un des principes du design thinking : la rentabilité. Nintendo a fait des choix stratégiques basés sur une étude fine du client. En effet, le client potentiel de la Wii ne cherche pas un dessin sophistiqué ultra réaliste ou spectaculaire. Ce client-là cherche à partager des jeux en famille ou entre amis. Nintendo croise la technologie des jeux vidéo avec celle du détectage de mouvement. Ainsi, on peut jouer en bougeant… et à plusieurs ! Pas d’investissement dans le dessin et l’animation mais plutôt dans la facilité d’utilisation et la possibilité de jouer collectif. Telle est l’innovation-valeur clé de la Wii ! Et cette innovation est née, avant tout, de l’observation de l’être humain.

Ne vous laissez pas impressionner par des cas de design thinking aussi prestigieux. N’importe quel chef d’entreprise peut avoir l’innovation-valeur comme objectif stratégique. Et si vous n’avez pas la possibilité de vous consacrer à cette réflexion tout de suite, vous pouvez déjà développer votre créativité, ce qui vous aidera, par un effet vertueux, à quitter le cadre imposé par le marché pour créer votre propre innovation-valeur, celle dont votre client a besoin.

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