Dématérialisation fiscale : L’anticipation et la conduite du changement

Jean Saphores, Expert-Comptable, et vice-président de l’Ordre des Experts Comptables

Jean Saphores, Expert-Comptable, et vice-président de l’Ordre des Experts Comptables

Demain, l’ensemble des données fiscales et sociales de l’entreprise seront totalement dématérialisées. Et demain, c’est bientôt : 2015 pour les premières, 2016 pour les secondes.

Pour Jean Saphores, Expert-Comptable, et vice-président de l’Ordre des Experts Comptables, en charge de la dématérialisation, l’heure n’est plus au débat, mais à l’anticipation des nouvelles dispositions.

S’exprimant lors de l’évènement Sage destiné à ses clients (*), Jean Saphores a d’abord consacré son intervention à un passage en revue des différentes nouveautés réglementaires : généralisation des télé déclarations, transmission des liasses fiscales, incitations à la facturation électronique, généralisation du contrôle fiscal des comptabilités informatisées (CFCI) ou encore, déploiement progressif de la DSN (Déclaration Sociale Nominative). Son objectif : démontrer l’irréversibilité de ce mouvement vers la dématérialisation, qui puise parfois ses racines dans des obligations de transposition de textes européens – c’est le cas pour la facture électronique -, mais le plus souvent dans une volonté de rationalisation et une recherche d’efficacité de la part de l’administration fiscale. Ainsi, le CFCI, qui va imposer aux entreprises de produire des FEC (Fichiers d’écriture comptables) normalisés dès le début de la vérification, traduit selon lui « une volonté d’automatiser les contrôles fiscaux, avec en toile de fond une réduction des effectifs de la DGFIP ».

L’information va circuler plus rapidement

S’opposer à ce mouvement serait donc illusoire. Mieux vaut l’accompagner et, pour commencer, en goûter les avantages.

Les entreprises vont apprécier la rapidité des transmissions, la disponibilité de toutes les preuves de leurs envois, ce qui va limiter les contentieux.Enfin les télé règlements (prélèvements à échéance), vont permettre une gestion plus fine de la trésorerie

Mais le vrai bénéfice porte sur l’organisation. « Les flux de documents et de données, au sein du système d’information, vont circuler plus rapidement ». Certes, prévient Jean Saphores, certaines dispositions vont entraîner des charges de travail supplémentaires, au moins momentanément. « L’envoi mensuel des données sociales via la DSN par exemple, va imposer une adaptation des procédures internes et des réorganisations. Mais simplifier, cela ne signifie pas faire moins, plutôt faire mieux ».

Place à l’archivage électronique

Il insiste en particulier sur la nécessité – qui constitue également une opportunité – de mettre en place des solutions d’archivage électronique, afin de stocker les originaux de factures électroniques ou les comptabilités informatisées. Pour finir sur une note résolument optimiste : « il faudra des moyens, notamment logiciels, et je sais que les éditeurs y travaillent avec énergie. Mais surtout, ce mouvement vers la dématérialisation va demander des organisations et donc des collaborateurs à la hauteur

Que ce soit dans les entreprises ou dans les cabinets d’experts comptables les plus grands freins seront culturels et notamment générationnels. La conduite du changement sera donc primordiale pour réussir le passage à la dématérialisation et en retirer tous les bénéfices ».

(*) Success Day organisé par Sage en juin 2014

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